dimanche 6 novembre 2011

Un article d'Armand Farrachi qui m'a particulièrement touché.

A défaut d'avoir la motivation de tenir ce blog de voyage...

Pitié pour la condition animale
Par Armand Farrachi

Le Monde Diplomatique


SILENCE, ON SOUFFRE !

« La tragédie du jour suivant, écrivait Edward Gibbon (1) à propos des spectacles romains, consista dans un massacre de cent lions, d’autant de lionnes, de deux cents léopards et de trois cents ours. » Le temps de ces spectacles odieux est révolu (même si divers combats de coqs ou de taureaux font penser qu’on pourrait encore remplir un cirque avec des amateurs de sang). Mais la vérité, si l’on consent à la regarder en face, est que notre société fait preuve d’une plus grande et plus secrète cruauté. Aucune civilisation n’a jamais infligé d’aussi dures souffrances aux animaux que la nôtre, au nom de la production rationnelle « au coût le plus bas ». Pour sept cents fauves massacrés un jour de fête dans l’Empire romain, ce sont des millions d’animaux que nos sociétés condamnent à un long martyre.

Ecrivain et essayiste, auteur, entre autres, de : Les Ennemis de la terre, Exils, Paris, 1999 ; Les poules préfèrent les cages, Albin Michel, Paris, 2000.

N’ayons pas peur des mots : la France est couverte de camps de concentration et de salles de torture. Des convois de l’horreur la sillonnent à tout instant et en tous sens. Pour cause d’élevage intensif, les fermes, devenues des « exploitations », se sont reconverties en centres de détention à régime sévère, et les « fillettes » de Louis XI passeraient pour de véritables hangars face aux dispositifs où l’on enferme des créatures que la nature avait conçues pour la lumière, pour le mouvement et pour l’espace.
En France, 50 millions de poules pondeuses -à qui l’on a souvent tranché le bec au fer rouge- sont incarcérées à vie dans des cages minuscules où elles ne peuvent ni dormir ni étendre les ailes, mais seulement absorber une nourriture éventuellement issue de fosses septiques et de boues d’épuration... Les truies sont sanglées jour et nuit dans des stalles qui leur interdisent toute espèce de mouvement, et ce pendant deux ans et demi... Des veaux de 145 kg sont enchaînés dans l’obscurité en cases de 0,81 m... Des poulets, dits « de chair », ont les flancs si hypertrophiés que leurs os ne les portent plus et qu’il leur est impossible de se déplacer. Au moyen d’un tube de 40 centimètres enfoncé dans l’oesophage, des appareils pneumatiques font avaler chaque jour 3 kilos de maïs brûlant (l’équivalent de 15 kilos pour un humain) à des canards et à des oies immobilisés dans des « cercueils » grillagés, puisque, de toute façon, ils ne peuvent plus se tenir debout. Pour finir cette existence qui a surtout le mérite d’être brève, beaucoup seront transportés dans des conditions effroyables, entassés sans nourriture, sans soins, sans eau, au cours de voyages proprement étouffants, interminables et souvent fatals. Qui a vu cela ne l’oublie plus jamais.

En Chine, où il est courant d’ébouillanter et d’écorcher vifs les animaux, des ours sauvages sont enfermés jusqu’à ce que mort s’ensuive dans des cages où ils ne peuvent pas même s’asseoir et où ils perdent jusqu’à l’usage de leurs membres. Une sonde est en permanence enfoncée dans leur foie pour y prélever la bile, utilisée en médecine traditionnelle. En Occident, la « communauté scientifique » fignole des animaux d’un genre nouveau : sans poils ni plumes ni graisse, aveugles et dotés de quatre cuisses, manifestement conçus pour le bonheur au grand air ! Il serait long, et pénible, de multiplier les exemples.

Pour ces millions, pour ces milliards d’animaux, le simple fait de vivre, depuis la naissance jusqu’à la mort, est un supplice de chaque seconde, et ces régimes épouvantables leur sont infligés pour des raisons si mesquines qu’on a peine à croire que des êtres humains puissent s’en prévaloir sans honte : une chair plus blanche, quelques centimes gagnés sur un oeuf, un peu de muscle en plus autour de l’os. « Cruelles friandises », disait Plutarque (2).

Quant aux animaux sauvages, pour n’en dire qu’un mot, on se doute qu’ils ne sont guère épargnés par le piège, le fusil, le poison, le trafic, la pollution ou la destruction de leur habitat. 8 500 espèces de vertébrés sont menacées d’extinction à court terme. L’homme est seul responsable de cette extermination qui ne peut être comparée qu’aux extinctions massives du mésozoïque. Au Cameroun, les grands singes sont actuellement victimes de ce qui mérite pleinement d’être appelé une destruction systématique, comparable à une sorte de génocide. Et, dans le domaine de la protection des animaux sauvages, ce n’est certes pas la France qui pourra donner des leçons, elle qui montre tant de zèle à légaliser le braconnage.

On a vu récemment de monstrueuses hécatombes (3), de terribles holocaustes (4) où les animaux étaient non pas « euthanasiés », comme on le dit pudiquement, mais massacrés et brûlés par milliers, par millions en Grande-Bretagne, victimes d’une maladie le plus souvent sans réelle gravité (la fièvre aphteuse), mais coupables de gêner le commerce et de déprécier la marchandise. Il faut d’ailleurs savoir que les abattages continuent après l’épizootie et que 450 000 vaches saines sont actuellement sacrifiées en France à « l’assainissement du marché ». Ce traitement, déjà révoltant quand il s’agit de lait ou de choux-fleurs, est-il admissible sur des êtres sensibles, affectueux et craintifs, et qui ne demandent qu’à vivre ? Rares ont été les professionnels qui se sont plaints d’autre chose que du montant ou de la rapidité de versement des primes au moyen desquelles on s’acharne à maintenir coûte que coûte une agriculture de cauchemar : un système d’indemnités après sinistre, une prime à la torture et à la pollution ? Qui n’a pensé aux pires horreurs médiévales en voyant ces crémations en masse, ces charniers remplis à la pelleteuse ? A quelle horreur veut-on nous préparer en appelant « sensiblerie » ou « zoophilie » toute compassion à l’égard de la condition animale ?

Ces condamnés sans langage

Les sentiments et les affaires n’ont jamais fait bon ménage, mais il semble quand même qu’on ait franchi les limites du supportable. Un producteur fait-il encore la différence entre une créature qui souffre et un objet manufacturé, quand il appelle un veau « le produit de la vache » ? Et alors qu’on entend de plus en plus souvent parler d’« organes vitaux » pour les voitures et de « pièces détachées » pour les corps ?

Il est vrai que partout des hommes, des femmes, des enfants sont victimes de l’injustice, de l’arbitraire, de la misère ou de mauvais traitements, que l’humiliation du prochain est un principe universel, que trop d’innocents croupissent en prison. Mais les souffrances s’additionnent sans s’exclure. « Dans le combat pour la vie, écrit Raoul Vanegeim, tout est prioritaire. » Peut-on être heureux quand on sait que d’autres êtres vivants, quels qu’ils soient, gémissent ?

Ceux que la souffrance animale laisse indifférents, fait sourire ou hausser les épaules au nom des « priorités » devraient se demander si leur réaction ne ressemble pas à celle des adeptes de l’inégalité, partisans de l’esclavage jusqu’au début du XIXe siècle, ou des adversaires du vote des femmes voilà à peine plus de cinquante ans. Au Cambodge, au Rwanda, dans les Balkans et ailleurs, n’a-t-on pas fait valoir également une « priorité » entre les plus proches voisins de nationalité, de religion, de « race » ou de sexe pour renvoyer les victimes à l’étrangeté, et si possible à l’animalité, afin de les éliminer plus facilement ?

Notre compassion est-elle si limitée qu’il faille établir des hiérarchies subjectives entre ceux qui méritent d’être sauvés en premier lieu, puis en second, puis plus du tout ? Faudra-t-il attendre qu’il n’y ait plus un seul Européen dans le malheur avant de se soucier des Africains, ou que tous les humains soient comblés pour s’occuper des animaux ? A quel odieux « choix de Sophie » serions-nous alors sans cesse confrontés ?

Claude Lévi-Strauss a écrit : « L’homme occidental ne peut-il comprendre qu’en s’arrogeant le droit de séparer radicalement l’humanité de l’animalité, en accordant à l’une tout ce qu’il retirait à l’autre, il ouvrait un cycle maudit, et que la même frontière, constamment reculée, servirait à écarter des hommes d’autres hommes, à revendiquer au profit de minorités toujours plus restreintes le privilège d’un humanisme corrompu aussitôt que né pour avoir emprunté à l’amour-propre son principe et sa notion ? (...) L’unique espoir pour chacun d’entre nous de n’être pas traité en bête par ses semblables est que tous ses semblables, lui le premier, s’éprouvent immédiatement comme des êtres souffrants. »

Au risque de choquer, demandons-le franchement : pourquoi les hommes auraient-ils le droit de se conduire avec les non-humains comme des barbares avec des innocents, et faudra-t-il toujours être l’inquisiteur, le démon, l’esclavagiste ou l’oppresseur d’un autre ? Quelle vie est a priori méprisable ? Tant que certains se croiront autorisés à maltraiter un être sensible parce qu’il porte des cornes ou des plumes, nul ne sera à l’abri.

La cause des animaux a beaucoup avancé, dans les faits comme dans les mentalités. Rien qu’en France, des dizaines d’associations la défendent, et jamais elle n’a rassemblé dans le monde autant de militants. Quatre-vingt-dix pour cent des Français se déclarent prêts à payer 15 centimes de plus un oeuf de poule libre. Même la législation évolue. Mais peu, et lentement. Et les phénomènes d’extinction massive et d’élevage intensif rattrapent vite les quelques avancées, non pour des motifs sentimentaux ou philosophiques (car l’opinion s’indigne sincèrement des brutalités envers les animaux), mais, encore une fois, pour cette même raison économique, qui s’oppose obstinément à la sensibilité individuelle.

Aux innombrables condamnés sans langage qui espèrent de nous des gestes qui ne viendront pas, nous n’avons à offrir que de bien piètres signes. On ne s’attend pas à ce que les Français deviennent tous végétariens ni, comme certains le demandent, que les droits humains soient étendus au singe. Mais quelle honte y aurait-il à faire un pas dans le sens de la compassion, à créer par exemple un secrétariat d’Etat à la condition animale comme il y en a un à l’économie solidaire ? La Belgique n’a pas craint de le faire. La Pologne a renoncé au gavage ; la Grande-Bretagne envisage d’interdire la chasse à courre. Malgré sa politique agricole, l’Europe s’est déjà timidement mais réellement penchée sur la question de l’élevage, de la chasse, de l’expérimentation et du bien-être. Tôt ou tard, on s’indignera massivement que des hommes aient pu torturer des animaux, même pour des raisons économiques, comme on s’indigne aujourd’hui des massacres romains, des bûchers, du chevalet et de la roue. N’est-il pas préférable que le plus tôt soit le mieux ?

(1) Edward Gibbon (1737-1794), historien anglais, auteur en particulier d’un livre très célèbre : Histoire du déclin et de la chute de l’Empire romain, en 1776.
(2) Plutarque (49-125), biographe et moraliste grec, auteur en particulier des Vies parallèles.
(3) Du grec hékatombé qui veut dire : « sacrifice de cent (hékaton) boeufs (bous) ».
(4) Du grec holocaustum, « brûlé tout entier ».


http://www.monde-diplomatique.fr/2001/08/FARRACHI/15543 - AOÛT 2001

vendredi 14 octobre 2011

Le gouvernement français rend le végétarisme illégal dans la restauration collective

C'est officiel. Depuis le 2 octobre, un décret et un arrêté prévus pour défendre le modèle agricole français et l'industrie agroalimentaire, empêche dorénavant toute possibilité à un végétarien d'avoir un repas équilibré et alternatif au modèle alimentaire basé sur l’hyper consommation de produits d’origine animale. Dans notre contexte actuel, ce choix est tout simplement irresponsable...


"Le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, avait annoncé la mise en place d'un programme national pour l'alimentation avec pour objectif prioritaire de défendre le secteur agricole. Ce programme visait à freiner l'impact de certains discours, comme celui de l'ex-Beatle Paul McCartney qui a appelé, en marge du sommet de Copenhague, à une journée hebdomadaire sans viande pour lutter contre le réchauffement climatique.
Voilà c'est fait, le gouvernement vient de réglementer la restauration scolaire, impose un modèle alimentaire basé sur une forte consommation de produits animaux et y interdit le végétarisme."

Cette loi liberticide bafoue la liberté de conviction, l'un des droits fondamentaux des droits humains. Elle constitue également une intox nutritionnelle (pas de mention des protéines ou du calcium végétales, bien meilleur pour la santé) à l'heure où les idées reçues sur le végétarisme et le végétalisme commencent enfin à se fragiliser, c'est pour finir, un pas de plus vers une direction irresponsable et égoïste préjudiciable pour les animaux, la planète et les humains.

Plus d'infos ici :

http://www.l214.com/restauration-collective-scolaire
http://www.icdv.info/index.php?post/2011/10/05/Communique-%3A-Manger-les-animaux-devient-une-obligation-legale-!
http://www.euroveg.eu/lang/en/news/press/20101014.php : (English Link)
http://www.jacques-boutault.fr/article/1401
http://www.l214.com/fichiers/pdf/CP_cantines.pdf

En tout cas, pour moi cette loi signifie aussi autre chose... La volonté de protéger envers et contre tout raisonnement, l'industrie agroalimentaire fragilisé depuis déjà un moment. Cette loi est le résultat de peurs. C'est une réaction d'auto-défense d'un secteur qui s'inquiète de certaines évolutions et qui sait très bien que son heure est à la remise en question. Mais il fera tout pour garder la tête hors de l'eau, quitte à créer des lois liberticides. Comme cela s'est déjà passé avec le foi gras ou avec la Corrida. Cette dernière inscrite depuis peu sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco (grâce à des gens très bien placés, vive les lobbys), histoire de protéger coûte que coûte une pratique cruelle qui n'a rien de culturelle, de plus en plus désapprouvée et rejetée...

jeudi 29 septembre 2011

Muskoka - Iles de Gorgian Bay

"Animal rights, at its heart, is the least extreme philosophy I can imagine. It is about nonviolence. It is about compassion. It is about not harming and not causing suffering and not killing when we don't have to. That's it. It is really, truly that simple." - Stephanie Ernst

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Petit flash back, encore. Ca s'est passé dans les derniers jours de juillet et je n'ai jamais pris le temps de vous en donner un petit aperçu en vrac, même si mes photos sont carrément moins jolies que ce que peut montrer google -_-" (tapez "Gorgian Bay" sur Google images et vous verrez...). Ce coin est beau, vraiment. Cadeau du sanctuaire Aspen Valley à ses volontaires :).

En attendant de pouvoir enfin voir les montagnes...







dimanche 18 septembre 2011

Walk for Farm Animals : Compassion for all

     Ceci fait partie des évènements de grand ampleur en Amérique du Nord concernant la cause animale. L'une des plus grande fermes sanctuaires, Farm Sanctuary, située dans l'Etat de New York, d'ailleurs non loin de Toronto, est l'initiatrice de ces Marches pour les Animaux de Ferme, dans plusieurs villes du Canada et des Etats-Unis du 10 septembre au 6 novembre. Celle de Toronto aura lieu samedi 24 septembre à partir de 10h. C'est une belle occasion de montrer au plus grand nombre notre capacité à élargir notre compassion aux animaux non-humains qui subissent la cruauté des hommes dans les fermes à travers le monde. Mes mots sont trop faibles pour décrire l'horreur quotidienne que l'on fait subir à plusieurs dizaines de milliards d'animaux non-humains chaque année, et ce n'est malheureusement pas le lieu pour approfondir mon idée de ce côté-là quoique en attendant l'occasion de le faire, tout a déjà été dit ;-). Pour ceux qui souhaitent juste comprendre et avoir quelques données en main histoire de se rafraîchir la mémoire c'est par ici (viande.info) ou ici (Earthlings "Terriens") ou encore  (400 raisons) ou bien (un docu de ce cher Gary Yourofsky), ah oui et ici aussi, (une bibliothèque virtuelle pour ceux qui veulent prendre le temps de lire) des exemples de liens parmi tant d'autres !!

Dans tous les cas, j'espère pouvoir y être présente :


Il ne me reste plus qu'à organiser mon temps puisque je travaillerai également ce jour là.

Je finirai par ce début de pensée. Le véganisme est le plus important mouvement de justice sociale où chacun peut prendre parti. C'est celui qui est le plus accessible et le plus porteur en terme de conséquences positives. C'est celui qui est le plus visiblement efficace, les résultats sont tangibles puisqu'il agit à la source : l'individu et son choix de consommation. L'effet papillon. C'est une prodigieuse réponse à de nombreux problèmes mondiaux. Le véganisme refuse l'exploitation animale mais également et par logique, refuse l'exploitation des hommes et de la planète. Encore une fois, tout est lié. Si nous changeons notre rapport à l'animal non-humain, c'est-à-dire l'être le plus démuni, le "sans-voix", nous changerons également notre rapport avec la planète, ses ressources et entre les membres de notre espèce. Il n'y a pas de hiérarchies. Il n'y a pas de "les humains d'abord". Cela fonctionne ensemble ou pas du tout. Nous pouvons évoluer et sortir de cette impasse dans laquelle nous nous sommes mis si vite, en si peu de temps. Nous en avons les moyens, il suffit de se les donner en commençant par réduire sa consommation et de l'orienter...

A compassionate world begins with you !

Lors d'une "expo" organisée durant la Veggie Pride,
Toronto, juin 2011.


vendredi 16 septembre 2011

Beautiful Vegan



"When I change, the world change" annonce ce site dès son ouverture.

"A human being is a part of the whole called the "universe," a part limited in time and space. He experiences himself, his thoughts and feelings, as something separated from the rest, a kind of optical delusion of...consciousness. This delusion is a kind of prison for us, restricting us to our personal desires and to affection for a few persons nearest to us. Our task must be to free ourselves from this prison by widening our circle of compassion to embrace all living creatures and the whole of nature in all its beauty. Nobody is able to achieve this completely, but the striving for such achievement is in itself part of the liberation and foundation for inner security."
Albert Einstein

Voici le site que je découvre. Des "torontois" (oups ;-), dont Lyn, esprit libre, qui est un peu la chef de bord du site, ont voulu créer un espace web qui annonce un grand coup d'optimisme.

Ce site réexplique "pourquoi Végane ?" pour ceux qui ne savent pas encore pourquoi des gens, de plus en plus nombreux font ce choix de vie (qui est tout sauf une lubie), véritable alternative à cette société qui nous a fait naître, véritable bouffée d'oxygène dans un monde qui s'écroule et qui a oublié ce que les mots "respect", "solidarité" et "connection" voulaient dire...

De cette envie de partager, est née un livre "Conscious Evolution ; Vegan Recipes, Life and Consciouness" autrement dit "Evolution Consciente ; Recettes véganes, vie et prise de conscience".

Chouette découverte que je vous invite à découvrir et à partager...

**Conscious Evolution**

Pour un monde plus viable pour tous... Humains, animaux, planète...

http://www.beautiful-vegan.com/

Expo au mois de juin, T.A.N Coffee, Baldwin Street, Toronto.
T-shirts vendus au cours de la Compassion Week

Il en est venue, un point de ma vie, où il m'était nécessaire (par auto-défense et affirmation de mon choix que je savais juste mais incompris par la majorité de mon entourage jusqu'à il y a encore peu...) de revendiquer ce choix de vie. De faire comprendre aussi par des mots simples pourquoi cette voie ?

Tout simplement parce que je me statue contre l'exploitation des animaux non-humains qui est à ce jour, massivement ignoré et ridiculisé, ce qui n'est heureusement pas le cas des humains (où il reste du boulot à faire question droits des humains) mais il nous faut aujourd'hui élargir notre horizon de compassion et de justice. C'est une question majeure pour l'avenir de notre civilisation et notre évolution en tant qu'espèce humaine. Cette exploitation se traduit globalement par une souffrance et une torture de masse. Ceci est injustifiable peu importe la raison... Mais je ne rentrerai pas dans les détails maintenant. Ce choix est aussi fait pour l'environnement et la santé. En d'autres mots, si je reprends ceux de Gary L. Francione, le véganisme est bien plus qu'un choix alimentaire, de vie ou de consommation : c'est un engagement personnel pour la non-violence et l'abolition de l'exploitation .

C'est un acte concret d'espoir et d'optimisme...


mercredi 14 septembre 2011

Tout ça au moins...

Montréal
Retour sur Toronto, après 3 semaines passées à Montréal.

Un job en main.

Me voilà cuisinière végane et multi-tâche dans le café-restau Hibiscus du quartier Kensington Market.

Je n'y croyais plus et j'en suis ravie (comme quoi le porte à porte arrive à payer.)

J'ai dépassé mes trois semaines d'essai. Aujourd'hui ça fait pile poil 30 jours. Ici pas de contrat, remerciée et payée cash chaque journée de travail. Le système est différent. Je dis pas que c'est partout comme ça. Je dis que le contrat n'est pas obligatoire et que le système est plus souple. Différent.

Grandalf est quant à lui toujours à Montréal, toujours dans l'espérance et les essais successifs.

Cardinal au Mont Royal. C'est ma meilleure photo... =(
Se faire une place dans un pays étranger est loin d'être facile. Ne partez pas avec trop d'exigences, et de projets. Allez à l'essentiel et faites les choses une par une, quitte à commencer de très bas, à nouveau. D'autres s'en sortent mieux, j'avoue. Je suppose que cela dépend des priorités de chacun, des opportunités aussi...

Nous voilà donc séparés pour un temps indéterminé. Moi en attendant, j'ai trouvé mon chez-moi. Cinq colocataires, 3 sont végétariens et véganes (si je respecte cette orthographe française dont j'ai du mal à m'habituer). C'était ce que je voulais, le quotidien sera plus facile.

Si vous voulez trouver un chez-vous : colocation si vous ne voulez pas vous ruiner : Toronto, c'est cher. Puis allez sur Craiglist.Toronto et Kijiji. Voilà, la façon la plus simple du monde et ça marche. Bon moi personnellement, je suis passée également par le site de la Toronto Vegetarian Association, j'ai écrit mon annonce, je leur ai envoyé, le lendemain, Kevin me contactait ^_^" ... La vie est simple parfois ;-)

Les statues de ce genre font vraiment partie du paysage urbain, que ce soit à Montréal ou à Toronto.
Je sais qu'elles sont présentes aussi à Vancouver. Parfois elles sont vraiment surprenantes...
Plus d'un mois sans donner de nouvelles... J'étais en mode pause. Pardon à ceux que j'ai fait attendre.

Bientôt 6 mois de présence canadienne. Que dire... Ne baissez pas les bras et empêchez les désillusions de détruire vos rêves.

En 6 mois, j'ai parcouru en vrac (Généralement avec Grandalf), Toronto, Kingston, Montréal, un petit bout du Muskoka en Ontario... J'ai milité pour la cause animale et écologique, promut le végétarisme/véganisme au sein de l'ancestrale et reconnue Toronto Vegetarian Association, rencontré du monde, en majorité des végétariens je l'avoue, redécouvert la cuisine végane, pris des tonnes de photos dont vous n'en voyez pas un dixième parce que la miss elle est trop flemmarde pour créer un album photo, rencontré moultes de ratons laveurs et d'écureuils, vu des paysages magnifiques, j'ai évolué, je me suis inspirée et révolté, j'ai espéré et j'ai été déçue, j'ai vécu...

Basilique de Montréal
Pas assez à mes yeux, j'ai eu l'impression de perdre beaucoup de temps. Il me reste tant de choses à faire ici : les rocheuses, Vancouver, voir des élans (!!), le nord du Québec, Ottawa, rencontrer les autochtones, vivre une célébration amérindienne, une petite virée à Boston et à New-York et pourquoi pas dans les quartiers fantômes de Détroit... Et j'en passe...

(cherchez pas, les photos n'ont aucun rapport avec le texte. Si un : Le Canada. Je prends ce qui me vient, en vrac, de mon séjour ici...)

Le lac qui sert de piste à patins à glace en hiver mais
dont je ne me rappelle plus le nom...

Entrée de Chinatown, Montréal

Retour... Façon écologique.

"La correction de l'erreur est humaine. Le problème environnemental n'est pas seulement une histoire de réchauffement climatique. C'est un problème à tiroirs, et ces tiroirs contiennent en vrac, les questions de la maîtrise de l'énergie, de l'érosion de la biodiversité, de la sécurité alimentaire mondiale, du devenir social et économique de notre civilisation et plus généralement, de la survie de l'espèce humaine. Ces questions, on peut se les poser de deux façons. Soit on se demande : comment en est-on arrivé là ? Soit on se demande : comment fait-on pour en sortir ? Il est évidemment beaucoup plus facile de répondre à la première de ces deux questions. Mais c'est aussi beaucoup moins constructif. Alors comment fait-on pour en sortir ? Parce que si nous avons réussi à entrer dans l'impasse, nous avons toutes les raisons de penser que nous réussirons à en sortir. les solutions existent. D'accord, elles ne sont pas faciles à mettre en oeuvre. Oui, elles supposent de revoir totalement notre modèle économique, nos habitudes de consommation, notre système de valeurs, notre lien avec la nature. Cela ne veut pas dire, vivre moins bien. Cela veut sans doute dire : vivre autrement. Cela ne veut pas dire cesser d'évoluer : cela veut sans doute dire évoluer autrement. 
Evoluer en tenant compte de nos erreurs. 
Evoluer en les corrigeant. 
Evoluer en évitant d'en commettre d'autres. 

Evoluer ensemble.

Evoluer encore.

Evoluer toujours.

Evoluer vraiment."

Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l'homme. Evolution : chapitre 2.